Mon rendez-vous en terre inconnue : l’Ambassade des États-Unis

Mardi 7 janvier, j’avais mon rendez-vous à l’ambassade des États Unis.

Persuadée que je devais y être à 8h30, je me retrouve prête en avance.

Pas grave, je pense à 7h45, je vais re-checker pour la millième fois, si j’ai bien tous mes papiers. Et c’est en ouvrant le mail de confirmation de l’Ambassade que je me suis rendue compte que j’étais plutôt à la bourre vu que ma visite était en réalité programmée pour 8 heures.

A 7h46 donc, me voilà courant comme une dératée, me jetant dans le métro et m’imaginant refouler à l’entrée de l’Ambassade par des GI aux mines patibulaires. Oui, j’ai une imagination débordante, peut-être même un peu trop. Là n’est pas le propos.

A 8h10, je me pointe enfin devant l’Ambassade ( merci la ligne 12 ), je me retrouve face à des gars de la sécurité, bien français, et ma foi assez sympas malgré le froid, l’obscurité, l’heure matinale, ma tête déconfite et mes 10 minutes de retard.

Ils vérifient mon passeport, ma feuille de confirmation du DS-160 ( le fameux formulaire à remplir en ligne ), ils me demandent également si j’ai la preuve du mandat compte ( les 120 € payés à la Poste pour l’Ambassade ). En gros, sans ces pièces, ce n’est pas la peine d’espérer rentrer et ils refoulent direct. En revanche, le monsieur m’a expliqué que les heures sont assez flexibles : en gros j’avais jusqu’à 11 heures pour arriver. Les rendez-vous, c’est juste pour réguler les flux. Donc pas de panique si, comme moi, vous avez quelques minutes de retard…

Ensuite, il faut passer un contrôle plus poussé, digne d’un aéroport. Les affaires sont fouillées. Le mec, qui a vidé mon sac et tout déballé, a eu le plaisir de tomber sur une mini plaquette d’insectes morts embrochés. Oui, ma soeur m’a offert ça, il y a quelques mois, j’avais zappé. Et évidemment, la plaquette était restée dans CE sac. Bref le mec tombe là-dessus, a un sursaut, me regarde horrifié : « C’est quoi ça ? »

Au moment où j’ai répondu « aaaah, ça ? C’est un cadeau… » je me suis dit que j’allais finalement me taire pour éviter de cramer toutes mes chances de rentrer sereinement dans l’Ambassade.

Une fois cette épisode honteux passé, mon téléphone confisqué, je rentre enfin dans ce sanctuaire américain. Je prends mon ticket, comme à la boucherie, pour attendre.

Dans un premier temps, l’attente est assez courte. Mon numéro s’affiche et je me retrouve à un guichet. Le mec me demande tous mes documents :

– le formulaire DS-2019 ( généré par le système SEVIS ) fourni par Cultural Care ;

– la preuve de paiement au SEVIS, document également fourni par Cultural Care ;

– un passeport valide ;

– la page de confirmation du DS-160 ;

– une photo d’identité de moins de 6 mois (5x 5 cm), montrant le visage sur fond blanc, oreilles découvertes, sans lunettes de soleil ni chapeau… Et sans sourire aussi.

– un justificatif de paiement par mandat-compte d’un montant de 160 $ ;

– une enveloppe Chronopost complétée pour le retour du passeport ;

Après m’être délivrée de mon tas de documents, le mec m’a pris mes empreintes sur une sorte de « scanner à empreintes ». Les deux mains y passent, les doigts entiers puis les pouces. ça y est, mes paluches sont enregistrées chez les ricains.

Puis dans un second temps, il faut retourner attendre dans la salle. Et quand on n’a pas la présence d’esprit, comme moi, de se munir d’un magazine ou livre, laissez moi vous dire que c’est long . Environ 1 heure dans mon cas.

J’ai compté environ 15 fois le nombre de personnes dans la salle, 62 pour info, observé les allées et venues, écouté les questions des mecs lors du passage des gens aux comptoirs ( oui, je suis curieuse ), reluqué le portrait de Obama en long, en large et en travers, visité les toilettes, relu ma liste de « choses à faire » et me suis beaucoup ennuyée in fine.

Mon numéro est apparu enfin sur le tableau clignotant et mon entretien a commencé. Il a duré 5, aller, soyons fous, 7 minutes, montre en main.

J’avais préparé des tirades rocambolesques en anglais, je n’en ai pas eu besoin.

On m’a demandé en français ce que j’allais faire aux USA, si je m’étais déjà occupée d’enfants, si je parlais anglais. Une fois, répondu timidement « oui, un peu », tout le reste s’est déroulé en anglais : où réside votre famille d’accueil ? Avez-vous eu des contacts avec eux ?

Et puis voilà, une petite brochure pour rappeler les droits du travail aux US et des numéros à appeler si l’on est « exploités ».

L’agent m’a tranquillement souri, m’a souhaité un bon voyage et m’a dit que mon visa arriverait sous 4 jours.

Je suis sortie toute guillerette, ai récupéré mon portable, le gars qui m’avait fouillé, a rigolé en m’appelant  » la fille aux insectes  » ( moment loose ).

D’ailleurs, j’en profite pour l’écrire : les personnes travaillant à l’Ambassade des USA que j’ai croisé ( les mecs de sécurité, les deux agents aux comptoirs ) sont agréables et souriantes et ça, ça change de certaines de nos administrations françaises ( je ne citerais pas de noms )…

Bref, jeudi, j’ai reçu mon visa, les USA m’accueillent pour un an. Je suis contente !

Je ne réalise toujours pas… J-14

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